La News de l’année

Non pas que celle ci annonce quoi que ce soit d’incroyable : c’est juste une question de périodicité. Je me suis dit, un actu par an, c’est pas mal, allez je fais un effort, je vais essayer de m’y tenir.

Ce qui ne veut pas dire qu’il ne s’est rien passé de neuf durant l’année qui vient de s’écouler. Mais les projets sont dans les tuyaux, soit dans mes tuyaux à moi, soit dans ceux de certains éditeurs.

Par exemple, la première bonne nouvelle, c’est que Wiraqocha est tout vendu, 2000 exemplaires sold out. Bon, 2000 exemplaires en six mois c’est pas fulgurant non plus comparé à d’autres titres, mais c’est suffisamment encourageant tout de même pour légitimement s’en réjouir. A tel point qu’une extension sort en octobre, à Essen – The Way of The Feathered Serpent. Le titre est en anglais parce que c’est la classe, et que j’ai des fans dans le monde entier – sisi, je vous jure. D’ailleurs une édition japonaise va voir le jour fin 2012, avec une couv remaniée pour s’adapter au marché japonais. Je viens de pondre un encart de 200 mots pour un magazine de jeux japonais, ça fait plaisir.

Je détaillerais le contenu de l’extension sur le site lorsqu’elle sera sortie, mais on a au programme 6 nouvelles tuiles, 4 cartes, 2 jetons, et une planche de stickers à coller au verso des pions du jeu de base. Le tout agrémenté de pleins de règles qui modifient l’expérience de jeu, bien sûr. On a aussi un ou deux petits goodies sympathiques à paraitre dans Plato quand le moment sera jugé opportun.

A part ça, sans vouloir annoncer de date ferme dans un monde où les plannings et les budgets sont parfois incertains, je peux tout de même annoncer que Sushi Dice a trouvé un éditeur – Sit Down, encore une fois. Je ne pense pas trahir de secret d’état, puisque le proto sera jouable à Essen sur le stand de mon éditeur belge préféré – peut être même avec moi derrière si je ne suis pas en train de faire le touriste ailleurs. 

Mais qu’est ce donc que Sushi Dice ? c’est un jeu de dés stupide, avec de l’observation, de la combinaison et de la rapidité dedans, un jeu où on crie « BEURK ! » à son adversaire, parce qu’on a bien vu qu’il était en train de cuisiner un sushi pas frais, le bougre. Ce qui me fait plaisir, c’est qu’il sera composé de 14 dés gravés et peints (comme Zomby Dice ou Martian Dice – d’où le nom provisoire en « — Dice »), et vu mon amour immodéré pour le dé en général, je suis bien content d’avoir un jeu qui en contient plein. En plus les motifs seront de jolis poissons et boulettes de riz kawaii, et ça aussi ça me plait. Il est prévu pour Cannes 2013, mais comme d’hab’, ce n’est qu’une prévision…

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Et puis j’ai quelques bons petits protos qui vont bientôt se mettre en quête d’éditeur aussi, comme le récent Boston Bomb Club, un jeu léger et méchant avec de la patate chaude et un brin de Stop ou encore – et, ô surprise, des dés, bien sûr. A part ça j’ai quelques jeux pour enfants qu’il va sans doute être plus difficile de caser, tant le marché est « concurrentiel », comme disent les professionnels.

J’en profite pour vous faire part d’une réflexion que je me suis faite récemment, justement à propos des jeux pour enfants. Jusqu’ici, le critère principal de ce qui pour moi, était « éditable » (c’est à dire que je pouvais proposer sans rougir), c’était l’originalité. Avoir une mécanique originale, voilà ce qui rendait un jeu « intéressant ». C’est d’ailleurs vrai quand on parle de l’édition de jeux pour adultes, les trucs de gamer. Zont l’oeil, les poilus, et même parfois le verbe du critique de cinéma, pour « jouer » les spécialistes à propos de la production actuelle. Attendu au tournant, un jeu ne doit plus seulement être bon, il doit être original. Soit.

Je dirais que ceci n’est pas tout à fait vrai concernant les jeux pour enfants. Après m’être farci l’intégralité des règles des jeux Djeco, et observé les catalogues des autres ténors du marché, je peux affirmer avec aplomb que pour qu’un jeu soit édité, il ne faut pas forcément qu’il soit ORIGINAL, mais seulement qu’il soit DIFFÉRENT. La nuance est subtile, mais a son importance. En gros, les jeux pour enfants font tous plus ou moins appels aux mêmes mécanismes, entre mémoire, observation, rapidité, etc… ce qui les distingue est leur simplicité, leur accessibilité, la cohérence mécanique/thématique et le temps de jeu. Pas besoin donc de réinventer l’eau chaude pour ce public – enfin, si on a une idée de génie, pourquoi se priver, mais en son absence on peut quand même faire de bons jeux. Pire encore, la récupération de jeux du domaine public thématisés fait recette partout. Enfin, « pire », c’est fort peu indulgent, finalement c’est efficace, et c’est un gage que différentes générations vont pouvoir se retrouver autour du même jeu. Un peu comme le monopoly, quoi. Hum.

 Du coup je peux proposer sans honte des designs qui sont plus des « exercices de style » que des bombes de mécanique innovante. Finalement, il suffit juste de faire un bon jeu, pas forcément un bon jeu révolutionnaire. Et ça, c’est rassurant – pour moi en tant qu’auteur exigeant envers ses propres productions, mais aussi, je trouve, pour le marché. Ca signifie que les gosses, finalement, sont juste contents de jouer à un chouette jeu.